Internet sort Songs of Experience avant U2

2015, rien ; 2016, pas plus ; 2017, on commençait à douter… Finalement Songs of Experience est bien là. Si officiellement, il ne sortira que vendredi 1er décembre, les miracles d’Internet l’ont mis à notre disposition une semaine plus tôt.

Faut-il “craquer” ? Anticiper la sortie d’un album, avec le risque –tremblez Ô puristes du lossless– d’une qualité sonore détériorée ? Il n’en était pas question pour le stream diffusé sur Facebook vendredi soir. Faut pas nous prendre pour des hystériques. Un nouveau U2 mérite des conditions d’excellence. Il n’aura fallu attendre que quelques heures pour qu’un “CD Rip” ne fasse son apparition. Il n’était alors plus question de craquer, nonobstant les critiques d’un Neil McCormick, ancré dans le vieux monde, accusant de vol ceux qui écoutent l’album en avance. Lui qui n’a plus payé une place de concert ou acheté un album depuis 30 ans. Bref…

C’est donc casque sur la tête que la séance d’écoute allait se dérouler. Curieux de savoir où U2 nous avait embarqué. Les morceaux apparus jusqu’ici avaient soulevé des doutes. Clairement de la déception concernant You’re The Best Thing About Me, de l’enthousiasme pour Get Out Of Your Own Way et des sentiments mitigés pour The Blackout. Pour remettre tout cela au clair, U2 allait devoir sortir l’artillerie lourde.

Une écoute aura suffit à nous rassurer sur ce point. Le meilleur de Songs of Experience n’est clairement pas dans les titres dévoilés au compte-goutte depuis septembre. Dès les premières notes, le groupe nous plonge dans un univers jusqu’ici rarement exploré –on pense à One Step Closer ou The Playboy Mansion– mêlant musique d’ambiance planante et voix synthétiques. Une entrée en matière totalement réussie qui donne immédiatement le ton de cet opus : U2 a décidé de proposer quelque chose de résolument différent, se révélant franchement optimiste dès Lights Of Home, et surtout de sortir une production de haute volée.

Si Songs of Innocence rendait hommage à leurs débuts, avec un son brut et des textes souvent sombres, les Irlandais proposent dans Songs of Experience une collection de treize titres soignés, très travaillés, volontairement tournés vers l’avenir et puisant leur inspiration d’horizons divers. L’album sonne parfois ambiant, parfois industriel, parfois seventies, il n’y a pas véritablement de ligne directrice autre que cette production léchée et extrêmement dense derrière laquelle on sent bien plus le duo Ryan Tedder / Jacknife Lee que l’ancien Steve Lillywhite. Une caractéristique sur laquelle U2 n’avait pas autant misé depuis Pop.

Paradoxalement, alors que le premier single pouvait faire craindre le pire, U2 ne cherche ni la facilité ni le hit radio à tout prix, mais mise plutôt sur la notion d’expérience. D’après ce qu’en disent les membres du groupe, ce quatorzième album s’est nourri pour Bono d’un “flirt avec la mort”, selon l’expression consacrée, et du sentiment de s’adresser à ceux qu’il aime. C’est sans doute la raison pour laquelle Songs of Experience semble à ce point marqué par le plaisir de U2 d’être encore là, quarante ans après leurs débuts, et d’être plus que jamais en phase avec son époque.

Discussions

144 commentaires ont été publiés pour cet article.

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bouba

l’album est deuxième en france est premier au billboard plutot bien

Thefly13

Il etait premier avant sue johnny décède

bonoel

Book of your heart…la claque!!! du 100% U2 comme j’aime
Summer of love et red flag day idem, Blackout pas mal…pour le reste je trouve que c’est trop « Coldplay » et puis se taper le refrain de Volcano sur American soul relève du vrai foutage de gueule.