Quelques semaines seulement après la sortie surprise et sans fanfare de deux EP plutôt bien reçus par les fans, U2 propose enfin Street of Dreams, le single phare de son futur album. Et le moins que l’on puisse dire est que l’accueil est plus que mitigé.
On évitera les jugements définitifs tant certains morceaux de U2 ont demandé du temps avant de révéler leur véritable valeur. Mais le rejet qu’il suscite aujourd’hui chez une importante partie des fans est impossible à ignorer et nous semble même un peu injuste.
Street of Dreams a des qualités immédiates. Il va droit au but avec un refrain ravageur, de ceux qui s’impriment dans le cerveau après une seule écoute. Adam porte le morceau avec brio du début à la fin, tandis qu’Edge distille la mélodie avec retenue et sobriété, fidèle à sa philosophie depuis quelques années. Sa présence au chant en intro et en outro semble confirmer une tendance à le mettre en avant déjà observée sur Easter Lily. Les trois minutes glissent comme un bonbon sur la langue et l’on y retourne avec une facilité presque déconcertante.
Au fond, U2 a réussi exactement ce qu’il cherchait à faire : livrer un single pop calibré pour les playlists estivales, immédiatement mémorisable et terriblement efficace. Rien ne dit qu’il connaîtra le succès, mais Street of Dreams remplit parfaitement sa mission.
Si beaucoup de fans semblent le détester, c’est d’abord parce qu’on continue à attendre de U2 qu’ils reproduisent ce qu’on a adoré par le passé, surtout après neuf ans de disette. C’est aussi parce que Days of Ash et Easter Lily ont créé des espoirs de spontanéité et de fraîcheur, laissant imaginer une moindre obsession du tube universel. Ces souhaits sont illusoires et nous le savions pertinemment. D’ailleurs Bono avait annoncé la couleur dès cet hiver. Street of Dreams s’inscrit dans une forme de continuité de ce que le groupe cherche à faire depuis près de dix ans. C’est la musique qu’ils veulent et c’est à prendre ou à laisser.
Il est à craindre que ce nouveau single, comme un paquet de crocodiles Haribo, finisse par provoquer un certain écoeurement. Il n’est ni The Fly, ni Beautiful Day, ni Vertigo et il ne marquera pas la discographie du groupe. Mais d’autres avant lui comme Get on Your Boots ou You’re the Best Thing About Me ne peuvent se targuer d’une mélodie si imparable. Profitons-en, même si le plaisir ne survit finalement pas aux longues soirées d’été.
L’album, lui, arrivera cet automne et U2 a forcément bien d’autres choses à nous montrer.
Discussions
15 commentaires ont été publiés pour cet article.
Ajouter un commentaireJ’ai l’impression que Firefly c’est mieux que Street of dreams dans le style pop c’est plus entraînant et les paroles sont moins plates
Rien n’est encore confirmé que ce sera un morceau dans l’album, non? À mon avis, ça sera un single avec Martin Garrix. Si elle est dans l’album, je pense qu’elle ne sera pas remixée et sera plus rock (comme avec the best thing). Oui ça peut donner quelque chose sympa je pense que se qui choque le plus dans street of Dreams c est ce refrain en espagnol avec le recul ça fait très football, je comprends pas trop pourquoi, ils ont fait en espagnol
Je ne veux pas faire mon rabat-joie, je ne comprends pas pourquoi ils ne reprennent pas Brian eno et Daniel Lanois à la production
D’ailleurs je croyais que c’était Brian Eno le producteur cette fois-ci et qu’il avait été confirmé par Bono
Jacknife je suis pas fan…
Marrant, c’est la première fois que ça m’arrive :https://youtu.be/g2ou5lLm9OE?si=4na0uSmBRbnOOPLJ <j'ai vu la version lyrics du titre, et franchement la musique passe mieux sur le clip : j'étais complètement saoulé lors de la première écoute avec le clip… Je trouvais baveu et insipide… Mais là tu auras un EP justement il aurait passé
Écoute ça aussi mon Serge, ça donne une toute autre perspective :
https://youtu.be/gYoBu-Y1rEk
Clair ! Le morceau est fortement influencé par son clip et par ses paroles niaises, qui lui donnent effectivement une tout autre couleur. C’est d’ailleurs le type de titre qui aurait mérité un développement plus ambitieux, avec une autre partie, une architecture plus travaillée et une composition davantage approfondie. Cela lui aurait apporté plus de relief et de richesse.
Peut être que le fameux « Silencio » mettra tous le monde d’accord…..
U2 essaye de sonner comme Coldplay depuis bien trop longtemps …..et encore aujourd’hui
alors ce n est pas un titre honteux mais qd même de la pop sirupeuse avec un refrain fait pour résonner dans les stades
J’avais aimé le premier lp de cette année rageux ,sans chercher à plaire ,sans surproduction ,direct depuis la veine… l essence de ce groupe qui en avait fait mon groupe
Dommage mais bon content qu ils soient encore là pour réveiller mes 16 ans si lointains
Je n’attends plus d’eux depuis longtemps ni the joshua tree ni Achtung baby mais c’est quand meme la frustration qui l’emporte
Meme sur la base de ce refrain
Je n’arrive pas a croire qu’il n’y ait pas la place d’un bon riff de guitare plus rock de The edge
Le calibrage absolu de chaque projet est devenu leur seule boussole
D’ou ma crainte pour le prochain album qui sera evidemment bien meilleur mais peut etre sans la fraicheur et le charme des deux ep
Je n’aime pas ce single, mais cela ne présage rien de l’album à venir.
Par exemple, Get on Your Boots était bien naze (et il l’est toujours) alors que j’ai adoré l’album No Line on the Horizon. Vertigo était super (et il déchire toujours en concert), alors qu’Atomic Bomb est un des albums que j’écoute le moins (je n’aime vraiment que 2 chansons : Sometimes you can’t make it et Vertigo).
Il y a bien sûr des contre exemples aussi où (l’avant) premier déchire tout, mais ils ne peuvent pas toujours faire que des chefs-d’oeuvre !
Les chansons qu’on aime c’est souvent subjectif : une mélodie, une strophe, un contexte, un souvenir … donc on peut juger (Street of Dreams), mais on ne peut pas préjuger (l’album).
Si on cite chacun nos chansons préférées de U2 ça en choquerait plus d’un (OK, je me lance : Acrobat, Exit, God part II, Oh Berlin – le choix surprend, non?). Je suis même sûr qu’il y a des personnes qui aiment Street, mais n’aiment pas Streets !!! OK, là je blasphème.
Les 2 EP nous ont (re)donné envie, le Streets nous fait descendre sur terre, on verra si on décolle à l’automne.
Nous ne pouvons pas tout accepter, de ce groupe, et surtout quand on sait de ce qu’il est encore capable de sortir, il l’a montré encore le printemps dernier.
Ne pas être exigeant, c’est se contenter de la médiocrité
C’est toi le Pascalque j’ai croisé à Rome en 2010 avec mes deux acolytes Montferrandais ? 😉
Au contraire je crois qu’à leur stade, ils ne nous doivent rien. Ils ont atteint un âge auquel la plupart d’entre nous ne voudra plus travailler. Ce qu’ils font là c’est du bonus, on peut adorer ou trouver ça nul, ça ne change rien à ce qui nous lie à eux.
Oui c’est juste.
Ceci étant pour ma part je suis assez catastrophé de ce titre mal fichu, prêt à être ingéré et digéré, qui devrait être anecdotique si ils n’avaient pas choisi d’en faire le single promo d’un nouveau disque. Cette séquence après les deux EP m’attriste profondément.
J’aime ce groupe depuis des dizaines d’années, je l’écoute régulièrement, pas une semaine sans un titre entendu, fredonné, chanté… mais je sature aussi de trop nombreuses sorties de route.
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