C’était l’arrivée des Messies sur le sol européen, et même Isabelle Boulay qui se produisait ce soir là à Bruxelles, n’y pouvait rien, la capitale du Zooropa a tremblé vendredi soir au son de U2.
Tous les fans étaient en effervescence depuis le début de la semaine, avec le montage de la nouvelle scène, les premiers essais de son, l’arrivée du groupe pour les rehearsals, la répétition grandeur nature et finalement le concert d’ouverture de la tournée européenne, « là même où nous avons commencé, il y a 25 ans » dixit Bono.
Un après-midi dans le calme
En arrivant vendredi midi sur place, nous avons pu constater que la foule s’était bien donnée rendez-vous près du stade du Roi Baudouin, d’ailleurs, personne ne s’y était trompé, la brasserie du coin ayant même sorti leur carte « spéciale évènement » avec des tarifs surnaturels, 2 euros pour un verre d’eau, effectivement, c’est un évènement !
Ce n’est que vers 15h que nous décidons de rejoindre l’entrée en tribune 4, celle des pré-fosses. Au même moment, la foule est invités à entrer dans les allés du stade afin de pouvoir profiter du merchandising et des buvettes (nous reviendrons sur ces dernières en fin d’article). C’est donc avec calme qu’à nouveau nous attendons de pouvoir pénétrer dans l’enceinte même du stade. Pour nous faire patienter, un petit « Vertigo » et « Love and Peace or Else » viennent faire trembler les murs de ce stade à l’architecture sans génie (terme sympathique pour ne pas dire « moche »…). Le temps est beau, sans être étouffant, bref, l’après-midi commence bien !
Lorsque enfin les portes s’ouvrent, c’est pour tous, une course effrénée qui commence, et grâce à une technique infaillible, voilà notre petite troupe installée face à la scène principale, au 5ème rang, qui deviendra 3ème par la suite. Premier constat, cette scène, si elle n’a pas une originalité digne du ZooTV ou du Popmart, est malgré tout très belle et surtout très haute. Les premiers rangs finiront avec une petite douleur au cou, ça leur apprendra à être bien placé ! Par contre, les deux parenthèses nous entourant sont bien enfoncées dans la foule et beaucoup plus « enterrées ». Le mur d’images que tout le monde a pu voir sur nos photos est réellement immense et donne envie que ça commence… Dans 5 heures !
The Thrills & Snow Patrol ouvrent bien la voie. Les groupes sont sympas, souriants, visiblement fans de U2 (tous irlandais, ça doit être dans les gênes) et proposent une musique pop bien agréable en cette fin d’après-midi. L’accueil qui leur est réservé est fidèle à ce qui se fait en général pour les premières parties, mais personne sur scène ne s’en offusque et on passe un moment bien agréable en leur compagnie.

I want to introduce someone to you !
Reste que nous sommes venus voir les 4 quadras mettre le feu au Roi Baudouin, et qu’on les attend de pieds fermes. Après quelques soucis techniques avec les guitares de The Edge, l’effervescence monte d’un cran lorsque le titre d ‘Arcade Fire retentit dans les enceintes de l’enceinte (ah, ah, ah,…), le public situé dans les tribunes gauche s’active, le groupe arrive…
Voilà 4 mecs, tirant la tronche pour la photo, qui grimpent sur scène en même temps, nous faisant face, presque nous défiant du regard pour le combat qui s’annonce. Chacun regagne sa place et Bono lance les hostilités. « I want to introduce someone to you ! I want to introduce Larry Mullen to you ! Everyone ! Adam Clayton to you, on the bass for you ! Everyone ! You know this man ? The Edge for you !” avant de lancer les désormais célèbres « Unos, dos, tres, catorce » que le foule hurle à gorges déployées.
La fosse saute et chante (pas toujours juste, je vous l’accorde) avec une démesure digne de U2. Bono prend la pose en regardant un hélicoptère qui passe au dessus du stade « Hey, Mister Helicopter, take a picture of this guy ». Il a beau avoir atteint les 45 ans il y a juste un mois, le bonhomme n’a rien perdu de cette ferveur animale qui fait de lui un showman d’exception.
The Edge & Adam Clayton ne sont pas en reste. Le guitariste est en grande forme et toujours hyper concentré sur son jeu et les déplacements de son chanteur de collègue, pour autant, le Edge ne se prive pas d’aller se balader sur sa passerelle dès les premières notes – surprises – de « Until the end of the World ». Le bassiste, très en mouvement également, vient régulièrement devant la scène recevoir moult marques d’admiration, auxquels il répond tout le temps par de nombreux sourires et même par un « thank you » de temps en temps.
Regret de ce début de concert, le jour encore bien présent. Jusqu’à « City of Blinding Lights », la lumière gâche un peu le spectacle visuel, mais l’énergie déployée par le groupe est telle que l’on oublie ce petit désagrément. La setlist ne présente que peu de surprise par rapport à ce que nous avions vu durant le leg1, mais en ce qui nous concerne, on sent le groupe beaucoup plus à l’aise qu’à San Diego ou Anaheim il y a trois mois. Les enchaînements sont beaucoup plus fluides et nettement mieux maîtrisés. Par exemple, le passage tant décrié entre « Pride » et « Streets », même s’il continue de ne pas faire l’unanimité, est devenu bien plus agréable à entendre et moins brusque qu’il ne l’était au lancement de ce Vertigo//05.

Autre déception, pas un mot de Bono en français (et encore heureux, pas de flamand !), si ce n’est un « J’aime Bruxelles », et aucune mention de ce lancement de tournée européenne. Bizarre, et limite pas très sympathique pour le public venu en masse accueillir le groupe irlandais.
Par contre, comme à son habitude, le chanteur engagé mentionne la future réunion du G8 qui devrait adopter l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. Au passage, il remercie le public du soutien manifesté à cette cause ainsi que le groupe qui lui permet de poursuivre toutes ses activités en dehors de son « travail » quotidien.
On notera quelques points forts au cours de ce concert déjà bien raconté ci ou là. La transition entre « Miracle Drug » et « Sometimes… ». Un battement de coeur s’enchaîne sur le bruit caractéristique de l’encéphalogramme plat annonçant la mort du patient, juste avant que Bono ne dédie cette chanson à son père et n’enlève ses fameuses lunettes pour la seule fois de la soirée. Un chanteur à nu, montrant son visage marqué et une émotion palpable, transmise à tout le stade.
On notera la présence totalement absurde d’un fan brandissant une photo des parents de Bono, photo en plus visible sur les écrans géants. Une bien drôle d’idée que voilà, mais passons… « Running to stand still », totalement dépouillé, avec cette lumière bleue aveuglante, une douceur simple au milieu de ce gigantisme. La triplette « Achtung Baby » qui fait disjoncter les fans, en particulier « Zoo Station » et « The Fly » qui ne prenne pas une ride. Le son est dur, métallique, totalement dans l’esprit avec lequel ils ont été écrit.
Le dernier « Vertigo », prévu sur la setlist originale, mais que Bono fait mine d’improviser en demandant à Larry s’il désire terminer sur un titre rock. La nuit étant maintenant bien tombée, les écrans peuvent offrir tout leur apport à ce titre déjà puissant. Bono est déchaîné et offre tout ce qui lui reste d’énergie à ce public évidemment acquis à sa cause.
Alors que reste-t-il de ces deux heures passées avec U2 ?
Un sentiment persistant de plaisir et de don de soi. On peut argumenter de longues heures durant sur la machine à billets qu’est devenu U2, sur la setlist qui n’évolue pas des masses ou sur des discours répétitifs et pour une part déjà écrits, mais quiconque mettant les pieds dans le stade où va jouer U2, et qui y vient sans une flopé d’à priori, repartira à coup quasi sur avec une banane accrochée au visage.
Ils ne sont plus les jeunes hommes qui brandissaient des drapeaux blancs et soulevaient des stades avec leur rock héroïque, ce temps là est bien révolus, mais ils sont toujours 4 mecs qui prennent leur pied à soulever les foules et sont capables de faire partager cette énergie à leurs fans. Même si tout le monde aura son petit commentaire de « moi, j’aurai gardé ceci et viré cela » et s’il leur est absolument impossible de satisfaire 100% des gens présents (et encore moins les absents), U2 peut encore botter le cul d’un bon paquets de jeunes groupes aux dents longues et de vieux rocker aux semelles usées.
Un mot sur nos amis belges…
Admettons le, l’organisation de début de journée a été parfaite. Entrée bien gérée, fouille approximative, foule bien maîtrisée et même des verres d’eau distribuée durant l’attente à l’intérieur du stade. Même cette idée de vendre les deux fosses à deux prix différents se révélait excellente, malhereusement la suite ne fut pas aussi idyllique.
D’abords, le stade. Si le design de cette enceinte récente laisse à désirer, il est encore plus étonnant de voir des vitres dressées devant les tribunes. Ces dernières obligent les premiers rangs à regarder le concert à travers un plexiglas crasseux et qui sépare honteusement la foule du groupe. Il est intéressant de noter que c’est dans cette même ville que le drame du Heysel a eu lieu, et que malgré cela, on continue d’enfermer les spectateurs derrière des vitres qui peuvent se révéler meurtrières en cas de panique.
Cette disposition particulière n’a probablement pas aidée à mettre le feu aux tribunes. Autant la fosse a parfaitement répondu présente, autant les tribunes ont dû être clouées sur place par les hamburgers et autres boudins (on parle ici de nourriture, bien entendu) vendus à l’extérieur. Personne n’a daigné lever son bout de fesse fatigué durant 2h de concert, ce qui laisse deux possibilités: soit U2 a été très mauvais et n’a joué que pour les spectateurs proches; soit le public belge est le plus mauvais qu’il fut donné de voir depuis des lustres.
La réponse sera vite trouvée au fil des concerts. Si les tribunes continuent de dormir et de baigner dans la bière basse qualité, alors U2 devra prendre une chambre à l’hospice. Si par contre, les show qui suivent mettent le feu à tout le stade, la Belgique tout entière devra reconnaître son évidente faiblesse et s’engager à ne plus jamais accueillir de concert de cette envergure.
Un mot enfin, nous vous l’avions promis, pour les buvettes. Point d’euros dans l’enceinte du Roi Baudouin, mais des tickets ! On croyait l’homme du Puy du Fou totalement dépassé, et bien non, il y a pire, il y a les Belges ! Ici, on paye avec des tickets ! Ainsi donc vous faites la queue pour acheter des tickets puis vous faites à nouveau la queue (en devant quasiment se battre) pour avoir un coca à moitié rempli, ou évidemment un verre d’eau qui vous coûtera le même prix (2 tickets, soit 2 euros pour ceux ayant suivi l’évolution du monde au cours des siècles derniers)…
Une spéciale dédicace pour le vendeur de hot dog dont le pain bien frais, en tout cas, deux jours auparavant, nous a permis de reprendre la route l’estomac plein ! Heureusement qu’ils savent faire de beaux écrans et qu’ils sont à la pointe de la technologie vidéo, sinon, on se demanderait ce que U2 vient y faire !
Discussions
35 commentaires ont été publiés pour cet article.
Ajouter un commentaireQuestion à Cyril.
Pourquoi pourris-tu un si bon article par ce dernier chapitre agressif et tout simplement con (désolé)?
Je reviens du concert du Stade de France(samedi 09/07).
L’enceinte est magnifique.Le concert fut très bon. Rien à dire sur les quatres Irlandais. Le boulot a été bien fait.
Par contre,nous sommes restés 2 heures debouts et entassés sans avoir d’eau,pour arriver devant 2 gars dont la machine ne lisait qu’un code-barre – ticket sur deux.
A la fouille ,la rangée des hommes était fluide.Par contre il n’ y avait qu’une fille pour fouiller les dames.
J’allais oublier.On nous a fait enlever les bouchons de toutes nos bouteilles remplies.J’avais 6 x33cl d’eau.Je n’en ai gardées que deux.
Dans le stade,il n’y avait peut-etre pas de tickets-cosommation mais il fallait débourser 5.00 euros pour un coca et 5.50 euros pour un verre de bière très très platte.
Mais je m’en fous.J’ai passé un excellent concert et une très belle soirée.C’etait pourtant mon quatrième concert de U2.
A la différence de Cyril, je n’ai pas été frustré.
Néanmoins, je n’aurais pas eu l’impolitesse de dénigrer mes voisins français. Est-ce la faute des Belges si U2 a bâclé son boulot? Si le son était mauvais?
Moi je n’ai pas construit le stade Roi Baudoin mais j’ai lu ton paragraphe et je suis Belge.
Je crois qu’après ton "petit mot sur nos amis belges", des excuses ne seraient pas superflues .
Quoi qu’il en soit , c’est sans rancune que je te salue Cyril.
Courage rien n’est perdu.Tu es un fan de U2.C’est qu’il y a du bon en toi.
Vive U2.Vive les Français et vive les Belges(aussi).
tout d’abord laissez-moi vous féliciter pour la qualité de votre site …..
sincèrement Bravo…..
mais, car il y a un gros mais.
Je ne peux concevoir qu’une personne fasse des raccourcis aussi invraisemblables sur le dos des belges.
oui le public n’était pas excellent …mais le stade y est, je pense, pour beaucoup et surtout je pense que l’on ne peut en vouloir aux personnes qui n’ont tout simplement rien entendu ( cfr problème de son ) .
oui des personnes étaient bourrées mais a moins de leur avoir demandé leurs papiers je ne vois pas comment tu as pu voir qu’ils étaient belges…..
oui, le système des tickets était archaïque mais….. non là vraiment tu as raison.
je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu mais oser affirmer que la belgique n’est pas à la hauteur pour organiser de tels évènements……. il y en a qui ne manque pas d’air mais bien de culture musicale …. le festival de werchter est l’un des plus importants d’europe, un tas d’artistes n’ont de cesse d’encenser le public belge et surtout, le groupe irlandais qui a tout de même une certaine expérience de la scène ne manque jamais de passer par cette bonne vieille belgique lors de chaque tournée ( pas mal pour un si mauvais public )
je terminerai par cette phrase : "la perfection n’est pas de ce monde et surtout pas à Bruxelles ce 10 juin mais cela le belge le savait bien avant le concert qui était tout simplement le premier d’une magnifique tournée où je vais ( à Paris ) et où j’ai déjà ( à Dublin ) rencontré beaucoup de fans dont les pensées ne vont jamais jusqu’à bannir une nation d’un tel bonheur….."
C’est ça qui est horrible dans cet article. Là où la musqiue n’est censée avoir de frontière et rassembler tout le monde, certains osent mettre en cause une nation parce qu’un concert fut trop moyen à leur goût.
Aves des pensées comme on comprend mieux comment la violence qui peut exister dans certaines manifestations rassemblant plusieurs nations comme les matchs de foot.
frankouille, je ne parlais pas non plus de tous les francais ni de tous les concerts en france mais de certains, à anvers aussi l’ambiance était folle pour l’élévation, le pop mart et zooropa à wechter du tonerre et ne parlons pas de 1986 ou les sismographes du uccle s’étaient affolés et ce n’est pas une blague tant l’ambiance était folle à forest national ce soir la, alors que notre groupe adoré entamait sunday bloody sunday, ne te méprends pas sur mes mots, j’ai des amis partout en france, je vais en vacance en france, je voulais juste dire que il n’y a pas qu’en belgique qu’un concert peut laisser un souvenir moyen. Pour ma part j’étais avec macphisto ou mephisto, pardon ma poule j’oublie ton pseudo et vraiment à part les trois cons comme il dit, on s’est éclaté, moins que si on avait été dans la fosse mais bon on ne choisit pas toujours et pour nous l’important n’était pas d’être belge , francais ou que sais je, l’important c’était d’être là et d’entendre notre groupe adoré. Concernant les quelques cons, un jour timsit à dit " chaque année voit arriver son lot de cons mais cette année j’ai l’impression que ceux de l’année prochaine sont déja là". et petite info il est plus facile de brancher un terminal pour carte bleue dans une salle comme bercy qu’en plein air je suppose. Allez amis francais je vous adore mais cessez de dire qu’il n’y a qu’en belgique que ca se passe comme ca. Merci
Ben ouais comme j’ai dis précédemment la connerie est une maladie universelle… moi je, Belge, je me suis énervé sur un steward en tribune parce que monsieur ne parlait que le néerlandais… on est à Bxl, si tu bosses là tu parles les langues nationales et autant que je sache le français est une des trois langues officielles du pays! Pour ce qui est des T-shirts, ma femme a voulu en acheter un, elle qui est parfaite bilingue, s’est exprimée en néerlandais… elle n’a jamais réussi à obtenir le T-shirt qu’elle demandait, elle avait beau décrire celui qu’elle voulait, la bonne femme lui en amenait toujours un autre… Ma femme a abandonné au bout de 6 essais, tant pis on commandera sur le net! Alors pensez un peu s’ils connaissent la carte bleue… Faites moi rire! Et je ne parlerai pas de ces trois crétins de supporters su Standard de Liège qui geulaient pendant que Bono parlait de son père, et pendant Running… Je préfère me souvenir des ceux super cools flamands qui lançaient des holas dans notre tribune, de l’excitation d’entende les premières notes de mon groupe préférés, en plein jour ou pas, c’était eux, c’était pour eux que j’étaits là et je n’ai pas boudé mon plaisir… Il y a quand même un truc agaçant que j’ai lu à propos de qui aurait dû être dans l’arène et qui n’aurait pas dû. Hey les gars on ne va pas commencer à faire de l’élitisme quand même! Tout le monde a le droit de voir U2, les gros fans acharnés comme vous et moi, les moins fans voire les presque pas fans du tout aussi! U2 est devenu une légende et tout le monde veut les voirs!? Des gros fans acharnés comme moi étaient dans les tribunes et non dans la fosse comme des moins fans… peut-être mais primo je n’avais qu’à m’inscrire sur U2.com et j’aurais pu avoir des places avant les autres… deuxièmement revoyons la manière de vendre des billets de concert, de façon à ce que les gros acharnés comme nous soient récompensés d’avoir fait une file de 18h à la fnac pour obtenir les meilleurs billets… là les vrais fans pourront s’exprimer!
On devrait essayer de faire quelque chose contre Clear Channel et les monopoles de ce genre! Quand je pense que Bill Gates en est à son ennième procés pour situation de monopole… Pourquoi CChan ne fait-il pas l’objet de poursuite aussi? L’UE devrait s’y pencher (article 85, 86 du traité de Rome les gars, relisez les…)
Ajouter un commentaire